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L'ARTISTE PLASTIQUE:
ANTOON VERSTEEGDETroisième fils d'un commerçant, Antoon VERSTEEGDE est né le 15 mai 1953 à Volkel, village situé dans le sud-est des Pays-Bas. Ses parents tenaient un commerce de textiles et de combustibles et avaient une petite entreprise de bâtiment. Il passe toute sa jeunesse dans son village natal, traditionnellement agricole, et en fréquente l'école primaire. C'est une enfance rurale.
PREMIERS REPERES
Antoon joue avec les matériaux dont il est entouré. Dans le magasin de son père, il trouve du papier, des tissus, des cordes, de la peinture et des emballages. Dans les réserves de l'entreprise, il est plus particulièrement attiré par les matériaux de couverture tels que le bois, mais il y trouve aussi du plâtre, des briques... qu'il dérobe pour se distraire. Enfin, il ne manque pas de récupérer tous les matériaux agricoles tels que rampes de culture de haricots quand les récoltes sont terminées.
Ces matériaux, qui l'ont fasciné dans son enfance et qu'il utilisait dans des constructions imaginaires, ont gardé pour lui tout leur attrait. La charge émotionnelle qu'il leur confère aujourd'hui, permet de comprendre la raison de leur utilisation dans ses uvres actuelles. D'autres personnes, elles-mêmes sensibles à ces matériaux si familiers à l'artiste, sont touchées par ce travail et partagent l'émotion créatrice par leur regard, sans lequel les uvres n'existeraient pas.
OUVERTURE VERS LE MONDE
Antoon VERSTEEGDE suit ensuite des cours d'enseignement secondaire à Uden, à quelques kilomètres de Volkel. Pendant ces années, il bénéficie d'une initiation à l'art et notamment à ses courants modernes. Après son baccalauréat, il parcourt l'Europe en 5top et en visite les principaux centres culturels. Son périple commence par la France.
A Paris il visite les grands musées et les galeries d'art. Il sillonne ensuite villes et villages bourguignons sur les traces de la culture occidentale. Ses pas le mènent ensuite en Suisse, au Liechtenstein, en Autriche et finalement en Allemagne d'où il regagne la Hollande pour débuter une formation artistique à l'école des Beaux-Arts de Bois-Le-Duc en 1972. Pendant cette période, il passe toutes ses vacances d'été en France dont il aura finalement parcouru toutes les régions.
CONFRONTATION A LA PRATIQUE ARTISTIQUE
A l'école des Beaux-Arts, Antoon VERSTEEGDE commence par faire de la peinture, au sens traditionnel de la discipline. Il est cependant très vite attiré par l'art monumental et les arts appliqués. Il exécute ensuite des peintures murales qu'il envisage touJours en tenant compte des lieux choisis et de leurs situations dans ces lieux afin que les liens entre les uvres et leurs supports soient évidents. Il" tente parfois, par son intervention, de rendre une cohésion aux lieux, et s'efforce tout au moins de les présenter comme un ensemble unitaire.
Il est en effet primordial pour lui que les arts appliqués tiennent compte de l'environnement dans lequel ils s'insèrent. De plus, il considère que les habitants des lieux dans lesquels il intervient ne doivent pas subir l'uvre d'art comme une intruse. De ses deux préceptes relatifs à la place et à la fonction des arts plastiques dans la vie, l'artiste s'est lancé un défi qu'il tente chaque fois de relever en disciplinant sa créativité foisonnante, dans le but de trouver une solution qui satisfasse créateur et spectateur. Dans cette perspective, il cherche à briser les barrières fonctionnelles isolant l'artiste de ses spectateurs, afin de favoriser une confrontation directe avec le public.
DES CULTURES DIVERSES
Après avoir présenté avec succès le diplôme de fins d'études de l'école des Beaux-Arts en 1978, Antoon VERSTEEGDE vend tout ce qu'il possède afin de pouvoir partir à des cultures différentes de la sienne. Il espère ainsi s'affranchir plus facilement des limites traditionnelles de l'art dont il trouve l'héritage lourd à assumer et dont il souhaite également que le public se libère.
Il traverse et visite ainsi l'Angleterre, l'Irlande, la Belgique, le Luxembourg, la France, l'Espagne, le Portugal, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Italie, la Yougoslavie, la Grèce et l'Egypte. Ce voyage lui permet de comprendre mieux les cultures d'anciennes civilisations et de percevoir l'essence même des arts plastiques. Il peut affiner sa propre manière d'aborder la création artistique qui consiste à donner une place essentielle à la Nature, point de départ de toutes les activités humaines.
NOUVEAU DEPART
En 1983, Antoon VERSTEEGDE trouve un lieu qui lui convient pour travailler, à Uden, où il s'installe avec sa famille. A partir de là ses activités s'intensifient et il participe à de nombreuses manifestations artistiques et à des expositions, prenant toujours comme point de départ essentiel de ses uvres l'endroit où elles seront exposés. Ses sculptures imposantes et ses uvres éphémères installées dans un grand nombre de villes lui permettent d'acquérir une notoriété importante. De plus, en installant lui-même l'uvre sur place, il parvient à intéresser le public et à lui faire partager le plaisir du processus créatif en l'invitant à y participer activement. Quelques réalisations sont plus particulièrement significatives de sa démarche, qu'il choisit de nous décrire maintenant.
"ESTACADES 84"
En 1984, Antoon VERSTEEGDE réalise un projet constitué d'une série d'installations présentées dans plusieurs villes et villages hollandais. A partir de 36 toiles peintes à hauteur d'homme, une construction est édifiée. Les éléments constitutifs de base sont à chaque fois les mêmes, mais le lieu et les participants étant chaque fois renouvelés, chaque sculpture est différente. Pour faire participer le public à ces Cérémonies , l'artiste diffuse des bandes sonores et projette des diapositives, supports indissociables à la globalité du projet.
"LE KIOSQUE A MUSIQUE"
En 1985, Antoon VERSTEEGDE met en place un spectacle multidisciplinaire dynamique; un carrousel d'art dans lequel les spectateurs doivent se déplacer afin d'en avoir une vision complète.
"REVE TOURNANT"
En 1986, Antoon VERSTEEGDE édifie à Zundert, ville natale de Vincent van Gogh, un labyrinthe monumental à l'intérieur duquel des étapes rythment le parcours des spectateurs. Ces étapes, ou arrêts sur images , sont de brefs actes théâtraux montrant le désarroi dont a souffert Vincent van Gogh. La présence de cette installation s'est prolongée au delà de son démontage. En effet, le piétinement des spectateurs sur l'herbe, a laissé une trace en forme de labyrinthe qui rappela cette exposition du souvenir pendant quelques temp.
L'artiste envisage d'adapter cette exposition afin de l'organiser en France l'année du centenaire de la mort de Van Gogh, en 1990."LA FUGUE TOUTE NUE (comme la vérité)"
En 1987, deux simples granges sises à Diepenheim inspirent Antoon VERSTEEGDE pour ce proiet. Pour la population locale, il écrit une histoire d'amour entre un prince et la fille d'un meunier. Les deux granges, qu'il relie par un parcours marqué d'une série de mâts totémiques, représentent les deux amoureux. A Diepenheim, on se souvient de cette histoire. Avec le temps, elle deviendra peut-être une légende, se confondant ainsi à la culture traditionnelle propre à la localité.
"CEREMONIE DES COULEURS"
Depuis 1987 Antoon VERSTEEGDE élabore ce qui consiste, pour le moment, le projet le plus important de sa carrière artistique. Dans ce seul projet dont la réalisation se présente comme une installation de 200 drapeaux bleus, blancs ou rouges, il cherche à exprimer simultanément le passé, le présent et l'avenir de la Révolution française.
L'artiste espère parvenir à créer une symbiose entre les arts plastiques et les spectateurs par l'installation rituelle de l'uvre. C'est pourquoi le projet s'appelle "Cérémonie des Couleurs". La présence des couleurs n'aurait aucune importance si elles n'avaient pas elles-mêmes une signification concrète qui justifie leur choix. La Révolution française avait voulu faire triompher l'idée d'un gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple. Antoon VERSTEEGDE a voulu reprendre à son compte ce principe de la représentation.
Ainsi les 200 drapeaux auront pour tâche de représenter les 200 participants de la ville où la cérémonie a lieu. Ces 200 citoyens, qui pour l'occasion pourront inscrire sur les drapeaux un message personnel, représenteront à leur tour l'ensemble de la population locale. Enfin les villes participant au projet, représenteront l'ensemble du peuple français pour la célébration du Bicentenaire. La participation active des citoyens à cette opération a pour but d'annihiler la séparation qui existe habituellement entre l'artiste-créateur et le public-spectateur passif.
PARTICIPATION DES OEUVRES D'ART AU MONDE CONTEMPORAIN
En 1988, Antoon VERSTEEGDE a créé une nouvelle uvre qui prendra toute son importance en -1992, année décisive dans le processus de construction de l'Europe, à partir de laquelle les frontières existant entre les nations européennes tendront à s'estomper. Cette uvre dont il ne nous livre pas encore la teneur mais qui tend une nouvelle fois à faire tomber les barrières entre créateur-acteur et public-spectateur est par là même, symbolique de ce processus d'unification.
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